IF · Entre ciel et terreGrandir en lien et en conscienceRenato Rossi
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RENATO ROSSI · Édition intégrale

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La loi de cause à effet

Tout ce que nous faisons met quelque chose en mouvement. Parfois, nous en voyons immédiatement la conséquence. Parfois, seulement des années plus tard. Et, très souvent, nous ne saurons jamais pleinement jusqu'où l'influence d'une parole ou d'un acte s'est étendue. Au fil des années, j'en suis venu à appeler cela la loi de cause à effet. Non comme un simple système de calcul où toute personne bonne reçoit automatiquement le bonheur et toute personne mauvaise est immédiatement punie.

La vie ne fonctionne pas ainsi. J'ai vu de bonnes personnes souffrir. J'ai vu disparaître des entreprises honnêtes. J'ai vécu des situations où l'engagement et l'amour ne suffisaient pas à éviter une perte. Aucun être humain n'est lui-même coupable de chaque chagrin qui lui arrive. Une victime ne doit jamais être tenue pour responsable de l'injustice qu'un autre lui a infligée. Pour moi, cause et effet signifie autre chose. Cela signifie que nous sommes responsables de ce que nous-mêmes apportons au monde.

Une parole peut humilier quelqu'un. Mais une parole peut aussi lui redonner du courage. Une promesse peut construire la confiance. Et rompre cette promesse peut laisser une blessure qui durera bien plus longtemps que celui qui l'a causée ne le comprendra jamais. Une main secourable peut aider une personne à se relever à un instant décisif. Et, des années plus tard, cette même personne pourra tendre la main à quelqu'un d'autre. C'est ainsi qu'un acte poursuit son voyage.

D'une personne à l'autre. D'une famille à l'autre. Parfois même d'une génération à la suivante. Mon père a quitté l'Italie pour donner un avenir meilleur à ses enfants. Les conséquences de cette décision sont allées bien plus loin qu'il ne pouvait alors le prévoir. Elles ont touché ma vie. La vie de mes enfants. Et, aujourd'hui, aussi celle de mes petits-enfants. Un choix a engendré une série de possibilités nouvelles. Ma mère aussi mettait chaque jour quelque chose en mouvement.

Non par de grands discours. Mais par ses soins. Par sa persévérance. Par l'amour avec lequel elle maintenait sa famille unie. Cet amour n'a pas disparu lorsque sa vie s'est achevée. Il continue à vivre dans la manière dont nous essayons nous-mêmes de prendre soin des autres. Voilà la cause et l'effet sous leur forme la plus humaine. Non pas une punition ou une récompense invisible.

Mais la simple vérité que notre manière de vivre laisse des traces. Dans ma vie professionnelle aussi, j'ai connu cette loi. Lorsque l'on travaille honnêtement pendant des années, la confiance se crée. Non dans un seul grand mouvement. Mais dans des centaines de petits moments où l'on fait ce que l'on a promis. Lorsque cette confiance est trahie, elle peut s'effondrer en un instant.

Mais, même alors, un choix demeure. Vais-je laisser la déception déterminer qui je deviendrai désormais ? Ou vais-je essayer de devenir plus prudent sans perdre mon humanité ? Les actes des autres ont des conséquences sur nous. Mais la manière dont nous continuons ensuite à vivre relève finalement de notre propre responsabilité. Cela ne signifie pas que nous devons tout accepter. Les limites sont nécessaires. L'honnêteté exige parfois que nous prenions nos distances. Pardonner ne signifie pas qu'une personne doit de nouveau recevoir le même pouvoir sur nous.

Mais nous pouvons refuser de transmettre sans fin le mal qui nous a été fait. Celui qui a été blessé peut blesser les autres. Mais il peut aussi décider que la chaîne s'arrête avec lui. C'est l'un des choix les plus difficiles et les plus courageux qu'un être humain puisse faire. Je pense souvent aux milliers de conversations que j'ai eues avec des personnes. Quelqu'un me disait parfois ensuite qu'une seule phrase lui était restée. Souvent, je ne savais moi- même presque plus quelle phrase c'était.

Cela m'a appris combien nous devons manier les mots avec prudence. Nous ne savons jamais quelles paroles continueront à vivre dans le cœur d'un autre. C'est pourquoi aucun acte sincère d'humanité n'est réellement petit. Un appel téléphonique. Une visite. Des excuses. Une oreille attentive. Un simple :

« Tu n'es pas seul. » Chacun de ces gestes peut mettre en marche un nouveau mouvement. Peut-être n'en verrons-nous jamais le résultat. Mais, quelque part, il continue à vivre. Je ne crois donc pas que nous récoltions toujours exactement ce que nous avons nous-mêmes semé. La vie est trop complexe pour cela. Mais je crois que ce que nous semons pousse quelque part. Dans la confiance. Dans le souvenir. Dans le courage. Ou dans la douleur. Cette conscience rend chaque choix important. Non parce que nous devons vivre parfaitement. Personne ne le peut.

Mais parce que nous pouvons essayer chaque jour de mettre en mouvement quelque chose qui rende le monde un peu plus humain. Et lorsque nous avons nous-mêmes commis une erreur, nous pouvons également créer une nouvelle cause. En assumant notre responsabilité. En demandant pardon. En agissant autrement la fois suivante. Nous ne pouvons pas effacer le passé.

Mais nous pouvons empêcher qu'il continue à produire sans fin la même douleur. C'est là que commence pour moi le long chemin vers le pardon.